Homélie de Noêl 24 décembre 24 au soir
Dans nos rues débauche de lumière…
Dans nos magasins débauche de victuailles…
Partout c’est la fête, la joie…
Dans nos états cependant, la guerre, la haine, les catastrophes sont toujours vives…
Et au milieu de tout ce tintamarre, souvent des gestes d’amitié, de solidarité, de paix…
A la crèche, une vague lumière brille aux cieux ; l’étoile éclaire cette pauvre demeure pour de
pauvres personnes de passage…
Mais une paix simplement troublée par les cris d’un enfant qui vient de naître…
Une paix simplement troublée par les bêlements des animaux et les pipeaux de leurs bergers.
Tout est calme. La joie de Marie, de Joseph est intense, mais discrète.
L’enfant Dieu vient dans la pauvreté, la discrétion, la simplicité, l’humilité…
Le Roi du ciel et de la Terre naît au monde comme un enfant de pauvre…
Le Prince de la Paix ne fait pas de bruit, il est pauvre et nu…
Oui, mais quelle révolution ! Les grands de la terre attendaient un Messie glorieux. Et voici cet
enfant de rien du tout qui apparaît. Ils attendaient quelqu’un de fort, arrivant au milieu de son armée
de serviteurs, de soldats qui bouteraient dehors l’envahisseur.
Et c’est cet enfant qui naît. Et c’est cet enfant que nous fêtons encore ce soir, 21 siècles plus tard.
C’est lui qui nous a convoqués et nous sommes venus de tous horizons pour célébrer un Dieu, fou
d’amour pour cette humanité parfois bien rebelle.
Car Noël n’est pas une fête comme les autres. Noël casse tous les codes établis. Ce n’est pas la force
qui domine. C’est la faiblesse d’un enfant, d’un nouveau-né couché dans une mangeoire d’animaux.
Ce n’est pas la richesse et l’argent qui font sa renommée, mais la pauvreté et le don de soi qui nous
entrainent. Ce n’est pas le clinquant d’un palais princier qui en est l’écrin, mais une simple caverne
où se mettent à l’abri les animaux. Ce ne sont pas les grands de ce monde qui sont là, mais les
pauvres, des bergers avec leurs maigres troupeaux. Pas de grand orchestre, mais le son des flutes
des bergers. Et tout cela éclairé par la merveilleuse voûte céleste, la voie lactée, l’étoile du berger.
N’ayons pas peur de nous approcher de la crèche et de méditer, de nous laisser imprégner par cette
ambiance de paix, de joie simple. N’ayons pas peur d’apporter nos présents, notre bonne volonté,
nos désirs les plus profonds, les plus secrets. Redevenons petits enfants curieux de voir cet enfant
de la Promesse, de l’Espérance. Jésus naît encore aujourd’hui dans nos quartiers, dans nos villes et
villages, dans nos familles, dans nos cœurs. Noël n’est pas hier. Il est aujourd’hui. Il est à Gaza, à
Beyrouth, en Ukraine, à Mayotte. Il est dans nos rues, il est chez ce sdf rencontré aujourd’hui, il est
dans nos prisons, il est dans nos hôpitaux, dans nos EPHADS. Il est chez nous. Dieu a trouvé
d’autres étables, d’autres crèches pour naître aujourd’hui.
Allons à la crèche. C’est là que nous le trouverons. Vous avez vu notre Pape François en Corse. Il ne
se moque pas des traditionnelles processions et dévotions. Il veut que nous leur redonnions un vrai
sens. Et aller à la crèche est de ces dévotions que nous avons apprises tout jeunes. En la regardant
nous pouvons redécouvrir le mystère de Noël. Un Dieu pauvre et nu, un enfant, une famille en
chemin comme tant d’autres. Ils n’ont pas trouvé de place là où les gens bien se réfugient, à l’hôtel.
C’est l’image de notre Dieu. Un Dieu proche, un Dieu humble, un Dieu d’amour. Approchons-nous
de lui. Il nous apprendra comment être disciples. Il nous dira de ne pas prendre nos grands airs. Il
nous invitera à côtoyer les pauvres. Il fera de notre cœur un cœur de pauvre. La beauté de ce Dieu,
c’est sa pauvreté, sa douceur, son souci de l’autre. « Il est né le divin enfant ! » C’est vrai, mais il ne
ressemble en rien à Celui que l’on avait imaginé. Soyons tout de même ses disciples et disons au
monde qu’un Sauveur nous est né en cette nuit de Noël : Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous ! Et
devenons, comme le Jubilé va nous y inviter, des pèlerins d’Espérance…
