Homélie de la fête du baptême du Christ 11 janvier 2026
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie » Mt 3
Dieu trouve sa joie en son Fils qu’Il a envoyé dans le monde. Le Messie de Dieu, il est vrai, est la
vraie émanation de son Père. C’est Lui qui l’a voulu ainsi et l’a fait naître au cœur de l’humanité
comme Source de son Amour. Jésus est Celui qui est venu accomplir la volonté de Dieu son Père et
son Père se reconnaît en lui. Jésus est ainsi reconnu officiellement par cette voix du Père et cette
colombe qui se pose sur lui. Confirmation officielle au moment où Jésus est plongé dans l’eau du
Jourdain, au moment où il accueille le baptême de conversion proposé par Jean. Jean reconnaît
Jésus et est réticent à le baptiser. Il sait bien que Jésus reçoit un autre baptême, une reconnaissance
par son Père et notre Père. La Colombe est le signe de l’Esprit Saint qui révèle à tous qui est Jésus.
Jésus a voulu recevoir le même baptême que les pécheurs qui descendaient ainsi dans les eaux du
Jourdain pour être baptisés par Jean le Précurseur. Une preuve de plus qu’il était vrai homme, qu’il
participait à la même nature que chacun de nous. Le Christ a pris toute la dimension de l’homme
hormis le péché. Il est en communion profonde avec son Père et participe pleinement à la condition
humaine. Le mystère de l’incarnation se révèle encore au bord du Jourdain. Le Christ n’avait pas
besoin d’un baptême de conversion, mais il nous ouvre tous au baptême dans l’Esprit-Saint.
Oui, le baptême du Christ dans le Jourdain nous ouvre nous aussi au baptême dans l’Esprit-Saint. Ce
baptême, nous l’avons reçu. Il nous a consacrés enfants de Dieu ; il nous a fait frère de Jésus-Christ.
L’eau qui a coulé sur notre front nous a purifié du péché et nous a donné de nous approcher encore
plus de notre Père des cieux. Il nous a aussi donné des frères et des sœurs innombrables à aimer.
Notre condition de pécheurs ne nous empêche pas de nous approcher de ce Dieu qui a accepté notre
humble condition humaine. Nous sommes de la même race que Jésus notre Sauveur. Il est l’un de
nous et nous sommes donnés au Père. Mystère d’amour qui sera marqué par la mort sur la Croix et
la résurrection de Jésus le troisième jour.
Mais qui est Jésus qui se présente ainsi au Jourdain ? Depuis les Prophètes, il était annoncé et il
suffit de relire le texte du Prophète Isaïe pour le découvrir. « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la
justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple ; la lumière des
nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison et, de leur
cachot, ceux qui habitent les ténèbres. » Voilà quel est Celui qui est révélé aux nations. C’est le
libérateur, c’est le Sauveur de l’humanité. Le baptisé que je suis, c’est cet homme nouveau que Jésus
a relevé du péché et de la mort. C’est cet homme qui a épousé Jésus-Christ et qui, à son tour prend
part au salut de tous les hommes. Profondément humain, le Christ demande au chrétien que je suis
de devenir sauveur avec lui. Le baptême que j’ai reçu n’est pas un rite parmi d’autres. Il me rattache
à Jésus, le Fils bien-aimé du Père. Il me fait partager sa mission de sauveur. Peut-être ai-je besoin de
revisiter ce baptême que j’ai reçu il y a bien longtemps. Si je l’ai reçu enfant, bébé, ce n’est pas moi
qui pouvais donner mon assentiment. Mais c’est dans la foi vivante de mes parents que je suis
devenu comme eux, avec eux chrétien. Tout ce qu’ils ont vécu ont fait ce que je suis devenu. J’ai une
grande reconnaissance pour ceux qui m’ont porté sur les fonts baptismaux et qui n’ont cessé de me
montrer comment être disciple du Christ. Je pense à mes parents, parrain et marraine. Ils ont été les
premiers initiateurs de mes pas de chrétien. Et, forts de leur humanité, mais aussi rattachés par la foi
au Christ qui les inspiraient, ils m’ont aidé à m’approcher et à vivre de lui.
« Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’Esprit Saint. Là où il passait il faisait le bien », nous dit St
Paul. Nous sommes les disciples de ce Jésus et nous avons aussi mission de faire le bien là où nous
passons. Notre baptême nous y engage. Quel bien puis-je faire en passant au milieu de mes frères,
en les côtoyant ? Vais-je leur permettre de se libérer des liens qui les retiennent ? Vais-je les aider à
vivre en paix, en harmonie ? Vais-je les porter dans la prière ? Serai-je proche de tous ceux qui
souffrent et qui ont de la peine ? Penserai-je à tous ceux qui subissent la méchanceté des hommes ?
« Devenez ce que vous recevez, vous êtes le Corps du Christ ! » (Chant de communion)
