Voilà une fête qui nous concerne tous : les chanceux qui vivent de leur baptême depuis longtemps, les baptisés tout neufs, les pas-encore-mais-en-attente, ceux qui reprennent la route avec Jésus. Réapprenons qui nous sommes en regardant Jésus, le jour de sa première manifestation d’adulte.
Jésus a trente ans, il se sait Fils de Dieu, un avec le Père, chargé d’une mission de salut. Il range ses outils et vient au Jourdain. Pourquoi ? Pour inaugurer son activité publique par une sorte de retraite, et s’offrir à son Père pour sa mission. Mais pourquoi aller auprès de Jean le Baptiste ?
Jésus se veut pleinement solidaire de son peuple et rejoindre la démarche spirituelle des meilleurs juifs de son temps. Il veut accomplir toute justice, c’est-à-dire entrer pleinement dans le projet de Dieu. Solidaire de la détresse spirituelle de tous, il vient prendre sur lui le péché du monde.
Retenons déjà cela. Il n’y a pas de situation, si terrible soit-elle, même de descente aux enfers, où Jésus ne vienne nous rejoindre, pas de lieu humain d’où il soit absent. Il ne sera pas compris, on le prendra sans doute pour un pécheur, inférieur à J.B., il le sait. Jean Baptiste lui-même veut l’en empê-cher : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi et c’est toi qui viens à moi ! Surpris, étonné, il n’est que l’annonceur, indigne de délier les sandales du plus fort que lui. Laissons-nous étonner par ces mots : C’est toi qui viens à moi ! Nous nous voyons souvent prendre l’initiative de la prière, d’une démarche religieuse, une demande de sacrement, alors que, depuis longtemps, c’est Dieu qui nous fait signe. Dieu était là et je ne le savais pas, dit Jacob au livre de la Genèse. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, dit Jésus à son dernier repas, c’est moi qui vous ai choisis et établis. (Jn 15). Dieu le premier nous a aimés, écrit St Jean (1 Jn 4). Le jour de mon baptême, Seigneur, c’est toi qui es venu à moi. Dans cette main tendue, ta parole qui me touche, dans telle
rencontre, en chacune de mes communions, c’est toi qui viens à moi, alors que je te reproche si souvent d’être absent !
Alors Jésus descend dans l’eau puis remonte, tel Moïse sortant de la Mer Rouge. Brusquement Dieu parle, il donne à voir le symbole de la colombe : l’Esprit Saint descend sur le Jourdain et demeure sur Jésus. Puis le Père donne à entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. La Sainte Trinité est là, Jésus au centre, heureux de s’entendre dire, avant d’engager toute sa vie dans sa mission : tu es choisi, tu es aimé, tu es envoyé.
Nous tous, filles et fils de Dieu, il nous est possible de vivre une vraie relation filiale de qui se sait aimé, choisi, toujours pécheur mais toujours pardonné. Dieu nous donne d’accueillir l’Esprit Saint. Il nous rend solidaires de tous les hommes en quête de paix, de reconnaissance, de fraternité ; nous sommes en communion avec le vouloir de Dieu sur le monde. Baptisés, nous vivons toute notre vie ce que Jésus a vécu parmi nous sur la terre. En notre eucharistie, offrons nous au Père, comme Jésus, avec lui. Baptême du Seigneur 2026
