Homélie du 14 septembre Croix glorieuse

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Pour les garçons de 11 ans que nous étions, l’entrée en 6ème comme pensionnaires à l’école Ste Croix d’Orléans a été un choc et une chance. C’est tout récemment que j’ai fait le lien entre le nom de l’école et ma vocation : Jésus, qui s’est fait connaître petit à petit et m’a appelé à le suivre, est bien Celui qui a donné sa vie, pour moi, sur la croix, par amour. Un acte de foi à renouveler, bien humblement.

Car la croix nue, par elle-même, n’a rien de glorieux. Dans l’Antiquité, la peine de mort par crucifixion est la pire forme d’exécution, la déshumanisation la plus dégradante, un instrument de terreur, largement utilisé par les Romains.

Pire encore, pour les Juifs un Messie crucifié est impensable, puisque la Loi déclare maudit de Dieu quiconque est pendu sur le bois. Ce que croyait Paul avant son retournement à Damas. Une absurdité, un scandale pour beaucoup encore aujourd’hui.

Pourtant, plus tard, Paul écrit aux Corinthiens : Nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, absurdité pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Il ajoutera que seul peut révéler l’Esprit Saint. Prions le de nous introduire dans ce mystère.

Pourquoi nous avons du mal à y croire ? Parce que, spontanément, pour nous comme dans la religion juive, Dieu est synonyme de force, alors que, dans le Christ il se solidarise avec un Crucifié, dans sa faiblesse radicale. Cf Phil 2, 6-11. La croix déconstruit les images de Dieu que nous nous fabriquons.

Paul en a fait l’expérience, dans ceux qu’il persécute : Je suis Jésus que tu persécutes, et dans sa propre chair : Ma puissance donne toute sa puissance dans la faiblesse. Et quelle est cette puissance de Dieu : son Amour ! Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Du début à la fin de sa vie, Jésus n’a eu d’autre but que de révéler cet amour inconditionnel du Père, en donnant sa vie en retour : Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. La Croix Glorieuse, habitée du reflet de la Gloire de Dieu, son être même, révèle l’amour miséricordieux du Père pour le monde : Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde – ce que nous sommes prêts à faire nous-mêmes à tout moment – mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Nous n’adorons pas le bois de la croix, mais le Christ. C’est son amour jusqu’à la mort qui est vainqueur de la haine et de la mort, et du péché qui conduit à la mort, et non pas sa souffrance.

Dès lors, St Paul peut nous demander, comme à ses chers Philippiens, quand il écrit l’hymne au Christ abaissé et exalté, notre 2e lecture : Ayez en vous les mêmes dispositions qui sont dans le Christ Jésus : De condition divine, il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exaltéEn contemplant la Croix, nous sommes invités à accueillir l’histoire de l’amour de Dieu, même au cœur de nos croix.

La Croix Glorieuse C 14/09/2025