Homélie du3ème dimanche de l’Avent 15 décembre 24
« Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovation Israël »
C’est le dimanche de la joie. Ne boudons pas ce plaisir de nous réjouir, d’éclater en cris de joie.
Nous venons de vivre un week-end extraordinaire. La renaissance de la Cathédrale Notre Dame de
Paris nous a tous réjouis. Parfois la joie que nous vivons est marquée de gravité, mais elle n’est pas
moins réelle. Nous avons senti combien tous nous étions émus devant tant de beauté renouvelée,
tant de talents mis ensemble pour une réalisation extraordinaire. La gravité de l’évènement n’a pas
endeuillé notre joie profonde. Que dire de cette table ronde sur le parvis de Notre Dame avant la
messe, regroupant les représentants de toutes les religions, heureux d’être là ensemble pour la
réouverture de cette cathédrale qui dépasse de loin le cercle des catholiques que nous sommes.
Symbole d’unité dans un monde qui ne cesse de se diviser. Merci à tous ceux et celles qui nous ont
procuré cette joie, ce partage de notre foi. Nous entendons davantage encore ce cri du Prophète
Sophonie : « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovation, Israël ! Réjouis-toi, de tout
ton cœur, bondis de joie, fille de Jérusalem ! »
Cette joie profonde est empreinte de gravité, disais-je et la parole de Dieu nous le rappelle
fortement. Les paroles de Jean sont là pour nous dire que la joie ne peut être vraie que si elle est
partage. A la question « Que devons-nous faire ? », Jean répond : « Celui qui a deux vêtements, qu’il
partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » La
Cathédrale de Paris, comme notre vie chrétienne ne peut être que pour les bien-portants, les bien-
pensants. Notre Église ne peut être que le lieu de nos assemblées bien ciblées. Elle est ouverte au
monde entier. Et notre Pape, à travers l’accueil des nouveaux cardinaux à Rome, nous en donne
l’exemple. Une fois encore, ils viennent de loin et il leur rappelle que le cardinalat est un service, le
service des plus pauvres, des plus loin. Nous sommes là pour leur partager notre joie. « Réjouis-toi,
mais pas seul. Invite le monde à partager cette joie profonde. Aide l’Église toute entière à être
Joie et Partage. »
La baptême de Jean nous rappelle que nous aussi nous avons été plongés dans l’eau de la vie et que
nous sommes des vivants en Christ. Il nous rappelle que « nous avons été baptisés dans l’eau et le
feu. » Oui, cette eau était l’eau de la vie et elle continue de couler en nous. Et l’Esprit Saint est un
Esprit de feu qui brûle au cœur de notre vie. Nous ne sommes pas « vaguement » chrétiens. Nous
avons été pris dans ce grand bain d’amour qui a mené Jésus-Christ sur la Croix et qui lui a fait
pousser la pierre du tombeau. Nous sommes des Vivants, des Ressuscités. Comme la Cathédrale
Notre Dame ! Mais il en faut des ouvriers pour redonner vie à un édifice ! Il en faut des petits coups
de pinceau, de marteau, il en faut des talents pour construire notre Église. Il en faut des savoirs-faire
mis ensemble par une volonté de bien faire, de faire un bel ouvrage. Il faut savoir que le plus petit
geste est important et construit l’édifice.
J’aime l’appel de Paul, son appel à la Joie : « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis :
soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit commue de tous. Ne soyez inquiets de rien ! »
J’entends cet appel dans un monde où les bruits de guerre retentissent. Faut-il oublier ce que vivent
les hommes. Non, nous sommes incarnés. Mais, au cœur des détresses comme au cœur des joies
nous devons être présents, actifs pour apporter une joie qui nous dépasse complètement, la joie de la
Résurrection. Nous sommes faits pour « VIVRE » ; Nous sommes des VIVANTS parce que, avec le
Christ, nous sommes sortis du tombeau.
« Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte ! » Puissions-nous faire nôtre
cette phrase du Cantique d’Isaïe. Notre joie est parfaite parce qu’elle est la joie de Dieu et que je
mets toute ma confiance en Lui . Je veux transmettre au monde entier cette joie. Je serai ainsi « le
disciple-missionnaire » que j’ai promis d’être à mon baptême. « Ne soyez inquiets de rien,mais en
toute circonstance, priez et suppliez. La paix de Dieu gardera vos cœurs. »
