Homélie du 16 novembre

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Homélie du 33ème dimanche ordinaire 16 novembre 2025
« Vous serez détestés de tous à cause de mon nom » Luc 21/17
Le Cardinal Aveline terminait son intervention à Lourdes en conclusion de l’Assemblée de
l’Épiscopat par ces mots : « L’Église n’a pas d’adversaire, mais elle a un message et elle doit le dire,
que ce soit facile ou pas ! » J’ai tout de suite pensé à ces mots en lisant la Parole de Dieu proposée
à notre méditation en ce 33ème dimanche ordinaire, journée mondiale des pauvres. Ce message je le
retrouve dans la première Exhortation du Pape Léon XIV. Tout au long des ces lignes, lui
aujourd’hui comme François hier, nous redit la place que devraient avoir les pauvres dans nos
préoccupations ecclésiales. Ils sont les premiers dans le Royaume et aujourd’hui le message de
l’Église va d’abord à leur rencontre. Le message de l’Église n’est pas facile à porter dans le monde
tel qu’il est. Faire une place privilégiée aux pauvres ne va pas de soi. Chacun tire de son côté. Les
plus riches sont sollicités mais souvent ils ne l’entendent pas de cette oreille. L’Église propose une
éthique morale, mais elle a bien du mal à la faire vivre même par ceux et celles qui se réclament du
Christ. La phrase du Cardinal Aveline peut résonner à nos oreilles en ce jour : « L’Église n’a pas
d’adversaire, mais elle a un message et elle doit le dire, que ce soit facile ou pas. » L’Église qui se
doit de faire passer le message, qui est-ce ? C’est nous tous dans notre vie de tous les jours, dans
notre vie de citoyens du monde, unis à celles et ceux qui sont là pour nous rappeler cette mission de
l’Église.
Le Christ nous dit : « Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ! » Être chrétiens dans ce
monde individualiste, souvent violent et injuste envers les plus pauvres ne va pas de soi. Au nom de
Jésus, nous sommes invités à abandonner beaucoup de nos sécurités. Nous plonger en pleine pâte
humaine, là où se joue la vie des hommes et des femmes de ce temps reste une gageure que nous ne
pouvons pas résoudre seuls. Il nous faut être soudés entre nous et reliés à Celui qui ne nous
abandonne jamais, même dans les pires moments de l’existence. Nous venons de vivre la Toussaint
et nous avons honoré celles et ceux qui nous ont montré le chemin de la charité, de la bienveillance
envers les pauvres et la béatitude « Heureux les pauvres, car le Royaume des cieux est à eux »
résonne encore à nos oreilles. Mais qu’il est dur de dire cela à notre monde. Les débats auxquels
nous assistons nous montrent assez que faire une place au pauvre, au petit ne va pas de soi.
Saint Paul dans sa Lettre aux Thessaloniciens nous engage tous à être des acteurs de la vie ensemble
et il nous rappelle que chacun doit prendre sa part. « si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne
mange pas non plus. Or nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés
sans rien faire. » Paul ne fustige pas ceux et celles qui n’ont pas les moyens d’agir, mais ceux et
celles qui ne mettent pas leurs talents au service des autres, ceux et celles qui profitent des biens
communs sans mettre les mains à la pâte, sans prendre leur part du travail commun. Nous pouvons
tous nous interroger. Faisons nous assez pour que chacun puisse avoir sa part de bien-être, de
bonheur ? Prenons-nous en compte cet appel pressant du Seigneur pour le service des pauvres et des
laissés pour compte ? Les associations nous sollicitent. Elles ne peuvent venir en aide à tous sans
notre concours. Nous sommes sollicités par le Secours Catholique. Il est heureux qu’en ce dimanche
il vienne nous bousculer et parfois nous réveiller de nos torpeurs. Écoutons les nombreux bénévoles
des associations caritatives. Soutenons les et participons à cette grande œuvre commune.
Notre Église se veut pauvre au milieu des pauvres à l’image de Celui qui est né et est mort comme
un pauvre, un rejeté. Elle s’enrichit de la dignité de l’homme chaque fois qu’il se relève et qu’elle
l’aide à se relever. N’oublions pas qu’elle est faite de pécheurs qui attendent tout de Celui qui les
libère et les relève. Elle doit être ce havre de paix, de réconciliation, de bonheur où le pauvre trouve
une place de choix. Le repas que nous partageons c’est le repas du Christ et tout homme y est invité,
y est appelé. « L’Église a un message et elle doit le dire, que ce soit facile ou pas… » A nous, pierres
vivantes de cette Église, de tout mettre en œuvre pour qu’elle soit belle, accueillante au pauvre,
promesse d’un monde nouveau, un monde de tendresse et d’amour.