Homélie du 1er février

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Homélie du 4ème dimanche ordinaire 1er février 2026
« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » Mt 5/9
S’il est une béatitude qu’il nous faut nous rappeler en ces temps troublés, c’est bien celle-ci. Devant
les bruits de guerre, les destructions massives, les massacres de civils, la course aux armements, les
désirs de dominer, le chacun pour soi, nous sommes sidérés. La réalité de notre monde nous
demande, à nous chrétiens, d’être de véritables artisans de paix. Pas une paix des cimetières, mais
une paix active qui commence là où nous sommes plantés, au plus près de nos vies, en famille, dans
le quartier, dans notre ville, dans notre pays, dans notre communauté paroissiale. Quels gestes suis-
je d’accord de faire pour que règne la paix autour de nous ?
Et ce qui est vrai de cette béatitude est vrai de toutes les béatitudes que nous donne le Seigneur.
Bien sûr, nous le savons, le seul qui est capable de vivre toutes ces béatitudes, c’est le Christ lui-
même. Car l’homme des béatitudes c’est Lui. Ce qui est rapporté dans cet Évangile, c’est son portrait
à lui. Et nous sommes invités à le suivre sur ce chemin, même imparfaitement. Nous devons être, à
sa suite, les artisans de paix, les miséricordieux, les doux, ceux qui ont faim et soif de la justice, les
cœurs purs. Et cela nous engage , les uns et les autres, à le contempler en profondeur. Comment le
Christ, dans les Évangiles, se montre-t’il l’homme des béatitudes ? C’est dans sa contemplation que
nous pourrons le découvrir. La méditation de la Parole de Dieu nous révélera comment le Christ
incarne en lui les béatitudes. Suis-je assidu à lire, à méditer la Parole de Dieu ? Demain, en ce 2
février, en la Fête de la Présentation de Jésus au temple, les consacrés se retrouveront pour fêter
ensemble leur consécration. Pour nous, en diocèse, nous nous rassemblerons autour de la
communauté du Carmel de Micy. C’est un grand moment de communion car, dans la diversité de
nos engagements et de nos charismes, c’est bien le Christ que nous voulons représenter au cœur de
l’Église. Oh, ce n’est pas parfait, mais nous orientons nos vies dans ce sens. Nous voulons montrer
au monde que vivre du Christ peut remplir une vie. Les béatitudes sont notre boussole.
La Parole de Dieu nous invite à l’humilité en ce dimanche. On ne peut pas dire que cette vertu soit
très présente dans les débats de notre société. Des « ego » surdimensionnés s’affrontent et le désir de
montrer ses muscles prédomine souvent. Or l’humilité est la vertu des forts et non des faibles. Il faut
être humble pour proposer aujourd’hui une Bonne Nouvelle qui va à l’encontre des courants
dominants. Je crois bien que l’exemple nous est montré par notre Pape Léon. Ferme dans la foi, il
l’est. Mais humble dans la manière de la proclamer, il l’est aussi. Il laisse à d’autres, à ceux qui sont
sur place le soin de réagir aux événements du monde. Il n’intervient pas pour tout, mais il soutient
les efforts qui sont faits par d’autres. L’humilité est la vertu qui soutient la synodalité. Il faut être
humble pour accepter que nous ne savons pas tout tout seuls. Il faut être humble pour accepter de se
faire aider. Le Christ a choisi ses Apôtres, des hommes ordinaires à qui il a confié l’Église naissante.
« Cherchez le Seigneur, vous tous les humbles du pays, qui accomplissez la Loi. » nous dit le
Prophète Sophonie. Et Paul nous redit : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a
choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort. » Chacun de nous peut se reconnaître : Dieu nous a
choisis pour être ses témoins et nous avançons sans arme, avec pour bagage son amour, l’Esprit qu’il
nous a donné. Si nous sommes forts, c’est de son Esprit, un Esprit qui chasse la peur et nous rend
forts malgré toutes nos faiblesses.
« Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux » Nous sommes ces pauvres de
cœur et nous savons reconnaître Celui nous sauve. Nous avons même l’audace de l’annoncer à
temps et à contre temps. Nous avons cette audace parce que le Seigneur nous donne son Esprit de
force, de sagesse. Avec lui, ensemble en église, nous sommes les témoins émerveillés du Christ
Sauveur. Une Église humble, une Église tournée vers les petits, « l’étranger, la veuve et l’orphelin »,
comme le dit le Ps 145. Les béatitudes que nous lisons aujourd’hui nous guident et nous confortent.
Puissions-nous les mettre en pratique humblement, sagement comme de fidèles serviteurs de Celui
qui sauve l’humanité toute entière en se livrant sur la Croix. + Signe de la Croix, Signe de la vie +