Homélie du 1er mars

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Homélie du 2ème dimanche de Carême 1er mars 2026
« Relevez-vous et soyez sans crainte… » Mt 17/7
La vision que les Apôtres venait d’avoir avait bien de quoi les mettre à genoux… Ils avaient vu le
Christ dans sa gloire et cette vision dépassait tout ce qu’ils pouvaient imaginer. Ils en étaient
tellement heureux qu’ils auraient voulu qu’elle dure toujours. Mais le Christ n’est pas là pour les
mettre à genoux, mais bien pour les relever et les envoyer une fois de plus au contact des femmes et
des hommes de leur temps. La Bonne Nouvelle n’est pas pour des privilégiés. Elle est pour tous. Et
les Apôtres vont redescendre dans la plaine, là où les hommes vivent, travaillent, peinent, se posent
les questions de leur existence, aiment et vivent les solidarités humaines. Le Christ ne défend pas de
le vénérer, mais il ne laisse pas non plus ses disciples à genoux. Il leur demande de se relever pour
aller vers leurs frères et sœurs et annoncer ce qu’ils ont perçu de lui, le Fils de Dieu venu pour
sauver tous les hommes. Il en fait des missionnaires, des envoyés comme lui a été l’envoyé du Père.
Ils partagent cette mission. Et ce qu’il dit aux Apôtres, il nous le dit aussi, à nous qui formons
l’Église d’aujourd’hui et forgerons celle de demain.
Nous sommes dans une période faste et exigeante pour notre Église. Nous sommes surpris par la
venue assez massive de jeunes dans nos églises, des jeunes qui ont des demandes qui nous étonnent,
nous les pratiquants de longue date. La messe du mercredi des Cendres en est un peu le témoin. Ces
jeunes viennent nous demander comment nous-mêmes nous sommes heureux de notre foi. J’ai été
surpris par les demandes de ces jeunes en ce début de Carême. Entre les cendres, une demande de
bénédiction, une demande d’un chapelet, la bénédiction d’une bible, la venue d’un couple avec un
enfant et qui veulent se préparer à la communion, au mariage chrétien et au baptême de leur enfant,
ma première semaine de Carême a été bien remplie d’une joie missionnaire. Bien sûr, avec toute
l’Église, je suis interrogé. Comment répondre à toute ces demandes plus ou moins formulées ? Cette
question nous est posée à tous. Comment être attentif à toutes ces personnes en recherche ?
Aujourd’hui le Christ prend à part Pierre, Jacques et Jean et les emmène dans la montagne. Je crois
que nous aussi, il nous invite à aller un peu à l’écart pour le trouver, pour le découvrir, pour qu’il
puisse se révéler à nous. Car nous avons besoin de cette révélation pour rencontrer celles et ceux qui
nous sollicitent, jeunes ou moins jeunes. Nous avons besoin de ce contact personnel avec lui si nous
voulons répondre aux besoins des hommes d’aujourd’hui, les aider dans leur quête de Dieu. « J’ai
besoin de me rapprocher de la religion », me disait ce jeune père de famille cité plus haut. Que veut
dire cette question ? Et comment conduire peu à peu cet homme et sa petite famille non seulement à
une religion, mais à quelqu’un qui est Jésus-Christ lui-même ? Pour être de bons témoins, il nous
faut passer du temps avec notre Maître, Jésus-Christ. Nous ne pourrons témoigner que de ce que
nous connaissons. La Parole de Dieu est toujours à découvrir. Et la fille qui m’a demandé de bénir
sa bible ajoutait : « je ne comprends pas tout ce qui est écrit là-dedans ». Eh oui, il faut prendre le
temps de découvrir la Parole de Dieu.
« Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père et va vers le pays que je te montrerai. » Et
Abraham laissa tout et partit. Je crois que nous sommes nous aussi appelés à oublier nos vieilles
habitudes et à partir sur les chemins du monde. Nous n’aurons ni sac, ni besace, mais c’est au souffle
de l’Esprit que nous avancerons. « Prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile »,
nous dit St Paul. Ayant contemplé le Christ, nous sommes envoyés, nous sommes missionnaires de
la Bonne Nouvelle pour tous les pauvres de la terre. Ce Carême est le temps favorable pour devenir
davantage missionnaires. « Relevez-vous et soyez sans crainte », nous dit le Seigneur. Temps
favorable pour aller vers les pauvres qui crient à notre porte, ce Carême nous emmène vers tous
ceux qui ploient sous le fardeau. Nous sommes invités à leur dire cette même parole : « Relevez
-vous et soyez sans crainte » Le Seigneur est la force de tous les pauvres de cœur et nous en
sommes. Sur les chemins de nos vies, n’ayons pas peur d’avancer, de croiser tous ces affamés de
pain, mais aussi de dignité et qui cherchent à tâtons le « visage du Seigneur ».