L’été égale souvent hospitalité. On se reçoit, on est reçu. Que nous en dit aujourd’hui la parole de Dieu ?
Nous avons Abraham. Homme du désert, il sait bien ce qu’il faut aux voyageurs fatigués sous le soleil. Son accueil empressé lui vaut la confirmation de la promesse divine : tu auras une descendance. La lettre aux Hébreux dit : N’oubliez pas l’hospitalité, elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir des anges. Souvent la personne accueillie, ou simplement croisée, nous réserve bien des surprises. Savons-nous reconnaître le Seigneur en elle ?
Nous avons deux femmes, deux tempéraments, deux comportements. L’une offre sa maison à Jésus, l’autre son écoute, l’une invite le Christ à manger, l’autre se laisse inviter au dialogue. St Jean nous dit : Jésus aimait bien Marthe et sa sœur et Lazare. Mais ce jour là, Marthe a deux réactions que Jésus ne peut approuver : elle se laisse tirailler autour de tant de choses à servir (Sr J. d’Arc) et son dévouement la rend agressive : Seigneur, tu ne te soucies pas que ma sœur me laisse seule à servir ? Dis-lui donc de m’aider ! En d’autres termes : Cela ne te ferait rien de rester seul un instant ? Si tu la retiens, elle n’aura pas fait sa part.
L’attention aux choses avant l’attention à Dieu, le rendement avant la gratuité, l’agacement de voir l’autre ne pas bouger au lieu de la compréhension fraternelle, le bien faire avant l’écoute de l’invité. A son amie qui se laisse dévorer par le souci, Jésus parle d’unité intérieure : Marthe, tu t’agites pour bien des choses, une chose est nécessaire, Marie a choisi la bonne part, elle ne lui sera pas ôtée.
Jésus n’oppose pas prière-contemplation et action. On ne peut pas dire : Pour l’instant, je suis Marthe, du mieux que je peux. Un jour, quand je pourrai, je serai Marie. Ce sont deux niveaux d’une même fidélité, deux visages d’un unique amour du Seigneur, qui devraient se retrouver côte à côte en nous à chaque instant. Marie a choisi d’écouter la parole de Jésus – l’essentiel – cette parole qui appelle toujours à la foi et à l’engagement : Ne crains pas, crois seulement… Va et fais de même.
Toutes nos agitations seront creuses sans la gratuité de Marie nourrie à l’écoute de son Seigneur ; nos visées contemplatives seront creuses sans le réalisme de Marthe.
Je connais des grands parents débordés quand les petits enfants se succèdent à la maison pendant les vacances. Se rendre disponible à l’écoute, choisir la voie du service, c’est aussi témoigner de la place du Christ dans nos vies, à condition de ne pas s’épuiser et de se nourrir spirituellement par l’évangile et la prière. Le Sauveur c’est le Seigneur !
Ste Thérèse d’Avila écrit : Seul l’amour donne du prix aux choses, et l’unique nécessaire est d’aimer au point que rien n’empêche d’aimer.
Que le Seigneur nous aider à réconcilier en nous les deux sœurs de Béthanie.
16e dimanche C 2025
