1 mn : Vous souvenez-vous de votre dernière tentation ?
Qui de nous n’est jamais tenté ? On a tous des désirs, des émotions, des passions, des inclinations prêtes à nous envahir : l’amour, la haine, la colère, la tristesse, la violence, l’espoir, la crainte… Allons-nous nous laisser dominer ou résister pour choisir ce qui va dans le sens du désir de Dieu sur nous ? Vous vous rappelez Milou, tiraillé entre le chien-ange qui lui montre le message à porter et le chien-démon avec son os savoureux, agréable à regarder et désirable, comme le fruit du jardin d’Eden.
Sous forme de conte, le récit biblique raconte l’histoire de l’homme aux prises avec la Parole de Dieu. Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre. En sage potier, à partir de la poussière du sol, il modèle l’homme et la femme à son image et ressemblance, lui donne son souffle de vie, le rend responsable de mener sa propre vie et veiller sur la Création. Sans lui, il n’est que poussière.
Aussitôt le tentateur se manifeste. La Bible l’appelle diable, celui qui divise, men-teur, calomniateur, ou bien Satan, l’adversaire, qui personnalise l’esprit du mal. Repérons sa tactique en 4 étapes pour nous détourner du juste désir. Il part du désir humain (attrait du fruit défendu) pour occulter les conséquences (vous ne mourrez pas), il ment sur Dieu (il a peur que vous lui deveniez semblables). Il joue la séduction qui touche l’imagination (vous serez comme Dieu), trompe l’intelligence par un jugement erroné, en appellant bien ce qui est mal. Jusque là je peux ne pas entrer dans sa tentation. Enfin j’engage ma volonté, je consens, j’entre dans la tentation, ce qui entraîne un désordre, (ils sont nus puis s’accusent mutuellement).
Séduction – délectation – consentement. A partir du consentement, il y a péché.
L’histoire nous apprend que, lorsque l’homme se prend pour Dieu, maître de toute loi, refusant d’être sa créature bien-aimée, il sème la violence et la mort, il s’attribue même le droit de décider qui doit vivre ou mourir. Posséder et dominer sont deux pièges qui ne mènent ni à la joie ni à la vérité mais nous détournent des chemins du Seigneur.
Par la faute d’Adam, la mort s’est introduite dans le monde, et par le sacrifice d’un seul, le Christ, la vie revient en plénitude par le don gratuit de Dieu. Grâce à Dieu, le Christ nous rend vainqueurs de la tentation et de la mort. Son absolue obéissance à son Père est sa force, il a vaincu la tactique du diable. Conduit par l’Esprit dans le désert, il s’est préparé à affronter les tentations fortes qu’il connaîtra toute sa vie, jusqu’à Gethsémani : Père que cette croix s’éloigne de moi… si tu es Fils de Dieu descend de la croix – en se référant toujours à la Parole de Dieu : Il est écrit : c’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, lui seul.
Pour nous également, le combat spirituel intervient quand nous nous décidons pour Dieu, prêts à nous engager avec Jésus, le diable cherche à nous faire rater la cible. Par la prière nous luttons contre notre orgueil, par l’aumône et le partage, nous luttons contre la convoitise des yeux, par le jeûne contre les plaisirs désordonnés.
Le pape nous laisse deux mots pour un Carême avec Jésus : Ecouter la Parole de Dieu et le cri des opprimés, jeûner de toute parole blessante.
1er dimanche de Carême A 2026
