Homélie du 22 juin (Saint Sacrement)

  • Auteur/autrice de la publication :

Vous souvenez-vous de bons repas qui vous ont marqués : la joie d’être ensemble plus que la nourriture. Tous les enfants étaient là, disent avec bonheur les grands parents.

Jésus aime bien les repas, chez Marthe et Marie, avec des foules ou pour les noces avec du bon vin. Ils ont le goût du Royaume de Dieu. Mais le plus important qu’il nous a laissé, le Repas du Seigneur, est porteur d’une réalité qui nous dépasse infiniment : le mystère de l’Eucharistie, le mystère de la Foi, au sens où nous n’aurons jamais fini de le comprendre. La fête d’aujourd’hui insiste davantage sur la présence réelle du Seigneur Jésus dans le Sacrement de son Corps et de son Sang. St Paul nous en livre le premier récit, l’évangile raconte le pique-nique géant qui le préfigure. Nous y retrouvons la réalité de nos eucharisties.

La nuit où il était livré. C’est dans la nuit que le Seigneur se manifeste, à l’heure des ténèbres, quand le jour baisse sur notre vie, ou sur le monde tellement le mal et

la mort semblent l’emporter. L’heure où Judas trahit, Pierre renie, Pilate se lave les mains, l’heure où Jésus va jusqu’au bout de l’amour : Ma vie, nul ne la prend mais c’est moi qui la donne. Chaque eucharistie est lumière de Dieu sur la nuit du monde.

Le Seigneur Jésus prit du pain, fruit de la terre, don de Dieu, et du travail des hommes. Quelle dignité ! Sur ce que nous apportons, 5 pains et 2 poissons sortis de la mer, Jésus rend grâce à son Père. Ce que nous offrons au Seigneur est infime – notre souci du frère, notre travail, nos relations, le don de nous-mêmes, – mais indispensable.

Il le rompit et dit : Ceci est mon corps qui est pour vous, livré pour vous. Puis : Cette coupe est la Nouvelle Alliance en mon sang, répandu pour vous. C’est après les évènements tragiques de la Passion que les disciples comprendront le corps livré et le sang versé. Une chose était claire pour eux, Jésus serait toujours présent quand ils referaient ces gestes et ses paroles en mémoire de lui, il les rassemblerait de nouveau autour de lui, pour leur livrer sa parole, les faire passer à la vie de Dieu, et se faire reconnaître, ressuscité, à la fraction du pain. Ils se reverraient, chacun avec sa corbeille pleine, chargés de renouveler le Repas du Seigneur pour la vie du monde et la gloire de Dieu. Faites ceci en mémoire de moi. Notre mission !

Tellement ce mystère du Christ-avec-nous nous dépasse, il est normal de ne ressentir aucune émotion particulière. En revanche, nous pouvons avoir plein de fausses bonnes raisons de ne pas venir à la messe, l’essentiel est en nous. Ce qu’il nous faut réveiller, c’est notre indifférence au Christ, sa Parole, le don de sa vie pour nous, la rencontre intime avec lui dans la Communion, finalement notre manque de foi. Ceci est mon Corps, livré pour vous.

Un moyen existe : prolonger notre Communion, au moment favorable, par l’Ado-ration eucharistique, moment gratuit devant Jésus Hostie, gardé pour la Communion aux malades. C’est dans ces Visites au St Sacrement répétées pendant mes années lycée, que j’ai perçu l’appel du Seigneur à lui donner ma vie.

Pourquoi pas vous aussi ? Saint Sacrement C 2025