Homélie du 25 janvier

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Homélie du 3ème dimanche ordinaire 25 janvier 2026
« Le peuple a vu se lever une grande lumière… » Mt 4
Il y a un mois, nous fêtions Noël, la venue en ce monde de cet enfant de la Promesse. La Lumière a
éclairé le monde et avec les bergers et les mages, chacun d’entre nous s’est réjoui de cette naissance.
Cette lumière rejaillit aujourd’hui pour nous faire prendre conscience qu’elle est toujours là et qu’elle
éclaire l’ordinaire de nos vies. Le message de Noël nous est rappelé et nous devons le vivre. Nous
devons continuer à « nous convertir car le royaume des cieux est tout proche », comme nous le
rappelle Saint Matthieu. Christ est venu et sa venue a illuminé nos vies pour que cette Lumière ne
s’éteigne jamais, pour qu’elle brille au cœur du monde, « dans la Galilée des Nations ». Cette
Lumière brille pour les bons et les méchants, « sur le peuple qui marchait dans les ténèbres… et sur
les habitants de l’ombre… ». Dans notre monde, aux accents de guerre, sans fin retentit ce cri du
Prophète et la Lumière ne s’éteint pas. Je pense aux peuples victimes des bombardements, des
règlements de compte, de la famine imposée. La lumière est aussi pour eux et nous nous devons de
les soutenir. Nous pouvons être un peu de cette lumière, une petite étincelle, par notre prière, par
nos pensées, par notre présence. En cette fin de semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous
sommes tous unis aux chrétiens du monde entier et plus spécialement de ceux qui vivent des
situations difficiles au Moyen Orient, en Ukraine et ailleurs.
Une fois de plus nous sommes renvoyés à notre baptême. La Lumière du Christ nous a été transmise
et elle a brillé dans les mains de notre Marraine et de notre parrain. Nous l’avons reçue comme un
don précieux et nous l’entretenons. « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je
crainte », avons-nous chanté dans le Psaume 26. C’est une manière de professer notre foi. Le
Seigneur est bien ma Lumière et mon salut. C’est lui qui m’enlève toute peur, qui me tient fort dans
l’épreuve et la souffrance, qui me réjouit après la peine, et qui m’assure « que je verrai les bontés du
Seigneur sur la terre des vivants ». Oui, le Seigneur me donnera ce regard positif, ce regard où je
découvrirai qu’il est à l’œuvre dans la vie des hommes, dans la vie du monde. Voir la bonté du
Seigneur, c’est la découvrir dans la vie des hommes, de tous ceux et celles qui font le bien et qui
sont de petites lumières sur nos routes humaines. Et, si nous regardons avec les yeux de la foi,
nombreux sont ceux qui éclairent notre chemin. Rendons grâce pour chacune et chacun d’eux. Ces
femmes et ces hommes de bien sont nos petites étoiles qui nous guident vers le Seigneur.
La Lumière du Christ éclaire tout homme, toute femme qui, avec d’autres, font le bien. Elle éclaire
son Église qui, parfois, est dans l’ombre et même l’obscurité. Chaque fois qu’elle fait un peu plus la
vérité en elle-même et autour d’elle, l’Église du Christ se rapproche de son Fondateur. Elle ne doit
pas avoir peur de la vérité, mais au contraire demander à longueur de temps que cette vérité se fasse
en elle et autour d’elle. L’Église du Christ sera belle dans la mesure où elle reflète sa Lumière et sa
Vérité. Elle doit se souvenir toujours d’où elle vient. Elle est née dans le matin éblouissant de la
Pâque lorsque le Christ s’est fait reconnaître par Marie-Madeleine et les Apôtres. Dans la Lumière
du matin de Pâques elle peut prétendre être lumière des Nations parce que Celui qui l’a fondée a
tout donné pour qu’elle le soit. A nous, disciples du Christ en ce temps, de la faire resplendir de la
Lumière du Christ. Rien de ce qui touche l’homme, ce qui touche l’humanité, n’est indifférent au
Christ et donc à son Église. Lorsque l’Église dénonce les fausses idoles, elle est dans le rôle que le
Christ lui a confié. Lorsqu’elle dénonce l’exploitation de l’homme par l’homme elle redit par ses
actes le commandement du Christ : « Aimez-vous les uns les autres ! » Elle est alors Lumière pour
les petits, pour les pauvres, pour les malades, pour les exilés, les victimes de la guerre et de la haine.
Le Christ s’est fait pauvre pour sauver les pauvres. A son Église il confie ce service de l’humanité,
cet amour « préférentiel pour les pauvres » que François, durant son pontificat, n’a cessé de nous
rappeler et que Léon XIV, après lui, nous répète si souvent. Ce ne sont pas les ors d’une Église
triomphante qui sauvent le monde. Ce sont tous ces gestes de solidarité, d’amour partagé qui
sauveront le monde. Ce sont ces gestes qui seront Lumière pour le monde des petits et des mal-
aimés. « Ma lumière et mon salut c’est le Seigneur, Alléluia ! »