Homélie du 28 décembre (Sainte Famille)

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Homélie de la fête de la Sainte famille 28 décembre 25
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte… » Mt 2/13
La famille demeure un bien précieux et les fêtes de fin d’année nous le rappellent avec force. Quelle
joie de se retrouver en famille pour fêter Noël ! Quelle peine, que nous pouvons un peu soulager, de
penser que des personnes sont seules en ces jours de fête. Fêter la sainte famille nous renvoie
évidemment à notre propre expérience. Pour celles et ceux qui ont eu cette heureuse expérience, la
famille unie est une richesse. Les liens y sont forts et constants et nous en avons tellement besoin.
La famille de Jésus, qui est sous nos yeux aujourd’hui a été bien bousculée. Elle est partie sur les
routes pour se faire recenser et voilà qu’au moment de mettre au monde Jésus, Marie et Joseph
doivent se résoudre à trouver un abri de fortune, une caverne où s’abritent les animaux. Et puis
aussitôt, Hérode le Monarque sans scrupules, eut peur que cet enfant le détrône. Alors il décide de
faire tuer tous les enfants en bas âge. Et pour échapper à cette tuerie des innocents, Joseph et Marie
doivent fuir en Égypte. Je ne peux penser à cet épisode sans voir aussi les images d’aujourd’hui
lorsque des parents prennent tous les risques pour fuir des régimes totalitaires, des lieux où la faim,
la guerre sont choses courantes. Que ne ferions-nous pas pour sauver nos enfants ! Marie et Joseph
nous montrent combien Jésus leur enfant, notre Sauveur, est humain : il partage le sort des exilés
qui fuient la haine des hommes. Du début à la fin de sa vie, Jésus sera « signe de contradiction ».
Joseph, l’homme silencieux de l’Évangile, prend soin de Marie son épouse et de cet enfant de la
Promesse qui leur a été donné. Il part, il s’exile. Le Christ dira à un moment de sa vie qu’il « n’a pas
une pierre où reposer sa tête ». C’est la pauvreté qui le caractérise. Lui, le Roi de Gloire, est forcé à
l’exil. Toute la famille part en Égypte jusqu’au moment où le péril étant passé il peut revenir dans le
pays d’Israël. Joseph, nous l’avons vu tout au long du temps de l’Avent est l’homme juste, l’homme
qui ne craint pas une mission difficile qu’il mènera sans se dérober, en suivant la volonté de Dieu.
Nous le savons, Joseph est le modèle des tous ceux qui sont appelés par le Seigneur à une mission
qui les dépasse. Avec Marie, Joseph a reçu Celui qui est là pour sauver l’humanité toute entière. Et,
sans bruit, il mène sa mission, ou plutôt il se laisse guider par l’Esprit de Dieu. Il ne parle pas, mais
il est efficace dans sa manière de se conduire. Sa confiance en Dieu n’est jamais ébranlée. Pétri des
Écritures, il se laisse guider par l’Esprit. Soyons reconnaissant à cet homme juste, cet homme qui
s’ajuste à la volonté de Dieu. Il est un modèle pour nous tous.
Le Livre de Ben Sira nous exhorte à honorer ceux qui ont reçu cette mission de pères. Cette
exhortation nous invite à ne pas négliger ceux qui nous ont donné la vie, ceux qui nous ont montré
le chemin de l’amour souvent avec beaucoup d’abnégation. Nos sociétés ont du mal à gérer très
humainement la vieillesse des parents. Pourtant elle s’honorerait de leur faire la place qu’ils
méritent. Leur expérience de vie est souvent bien utile aux générations qui suivent. Bien sûr, toute
génération doit faire sa propre expérience de la vie, mais celles des autres est parfois bien utile. Ils
ont traversé les épreuves, ils ont donné beaucoup d’amour. Ils nous ont aidés à grandir. Ils nous ont
devancés sur des routes humaines parfois rudes. Les épreuves ne leur ont pas été épargné. Ils ont
vécu les joies et les peines comme nous. Nous leur devons souvent une grande reconnaissance.
N’ayons pas peur de les visiter, de les aider, de les aimer,
Écoutons Saint Paul : « Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de
douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres et pardonnez-vous… » Oui, pour que la
famille humaine vive cet esprit de famille, les conseils de Paul ne sont pas superflus. Pas d’esprit de
famille sans cet amour réciproque, sans cette douceur et cette patience, sans ce pardon parfois dur à
donner et à recevoir, mais qui fait tant de bien. Ce qui est vrai de la famille humaine l’est aussi de la
famille de Dieu, l’Église du Christ. Elle doit être « famille », car nous sommes tous liés les uns aux
autres par Celui qui est venu à Noël pour faire de nous des sœurs et des frères qui s’aiment, qui
s’accompagnent dans la vie, qui sèment le bonheur autour d’eux. « Ayez l’amour qui est le lien le
plus parfait » nous dit St Paul. Oui, seul l’Amour peut sauver le monde. AMEN