Homélie du 1er dimanche de l’Avent 30 novembre 2025
« L’heure est venue de sortir de votre sommeil… » Rm 13
Saint Paul nous invite à sortir de notre sommeil et l’Évangile nous dit de veiller… C’est l’Avent !
C’est « l’Aventure ». Belle période où le Christ prépare sa venue dans nos cœurs, dans nos vies, dans
notre monde. C’est l’aventure comme la gestation de ce petit d’homme qui va naître à Noël.
Quelqu’un va naître à nouveau pour nous, en nous. La merveille des merveilles, Christ va venir nous
réveiller, nous sortir de notre sommeil. Il va nous inciter à veiller pour découvrir sa présence
toujours nouvelle. Le « Prince de la paix » sera là pour bousculer nos à priori, nos manières d’être et
de penser. La Paix, si menacée dans notre monde, devrait devenir le fruit de cette naissance. Et
nous, chrétiens dans ce monde, nous devons en être les artisans les plus ardents. Redonner vie à tant
de relations abîmées et faussées. Retrouver le chemin du partage et de la concorde. « L’heure est
venue de sortir de votre sommeil… » N’attendons plus. Mettons nous en route dès ce premier
dimanche de l’Avent.
Nous avons vécu cette année liturgique passée sous le signe du Jubilé et nous avons été invités à
être des vrais témoins d’espérance. L’espérance pour un chrétien ne peut être qu’animée par Celui
qui vient à Noël. Un petit enfant c’est bien le signe de l’espérance. On se penche sur son berceau, on
le regarde, on l’admire et on se dit : « Que sera-t’il, »Il contient en lui toutes les promesses de la vie.
Nous comptons déjà sur lui. Et pour nous, chrétiens, nous comptons sur le Prince de la Paix pour
aider l’humanité à vivre dans l’espérance d’une vie plus belle pour tous. Nous ne pourrons regarder
cet enfant de la crèche sans penser à tous ces enfants du monde qui, comme lui, n’auront pas trouvé
de place à l’auberge. Nous serons appelés à mettre au cœur de nos préoccupations nos frères
démunis, les pauvres de la terre. Dans notre jubilation de la venue du Christ, nous n’oublierons pas
que notre espérance va rejoindre les demandes pressantes de paix à Gaza, en Ukraine et ailleurs
dans le monde. Chrétiens, nous ne pouvons vivre la fête de la venue du Sauveur sans associer tous
nos frères et sœurs humains. Pèlerins d’espérance, oui, mais avec d’autres. Nous devons réveiller
l’espérance en nous et autour de nous.
« La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous
des armes de la lumière », nous dit Saint Paul. Bien sûr, tout doit être renouvelé en nous et autour
de nous. La lumière du Christ illumine notre terre. Elle illumine d’abord notre vie. Tout effort vers
la paix rejoindra les appels du Prophète Isaïe. « De leurs épées ils forgeront des socs, et de leurs
lances des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la
guerre » Le Prophète Isaïe donne un carnet de route à tous les témoins d’espérance que nous
voulons être. En ce monde où le bruit des armes ne cesse de croître, les chrétiens doivent résister à
toute espèce de vengeance. Il doivent devenir des instruments de paix. Ils doivent se réjouir chaque
fois que la paix progresse. Ils doivent prier pour qu’elle s’installe enfin dans les zones de guerre. Ils
doivent prendre leur part dans la vie du monde pour y apporter un peu de cette paix et cette
espérance. Nous ne pouvons être « pèlerins d’espérance » sans nous mêler de la vie des hommes et
des femmes autour de nous, sans prendre part aux décisions que prennent ceux qui ont la charge de
la vie de nos sociétés. Chrétiens, nous ne sommes pas à part. Nous sommes au cœur de la vie des
hommes d’aujourd’hui. Le Christ se fait homme pour bien montrer que son disciple doit lui aussi se
mêler à la vie de tous les hommes.
« Appelez le bonheur sur Jérusalem ! Paix à ceux qui t’aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le
bonheur dans tes palais ! » Bien sûr, nous pouvons encore et encore souhaiter la paix pour cette
partie du monde et pour bien d’autres. Ce cri est le cri de tout le Peuple de Dieu, de tous les temps.
Nous pouvons nous aussi crier vers le Seigneur et prendre notre petite part de cette venue de la paix
sur cette terre. Nous rejoignons tous les artisans de paix, tous les « pèlerins d’espérance ». Nous
sommes un peuple en attente, en veille : celui qui vient est le Prince de la Paix. Dépouillé de tout, il
nous montre un chemin : celui du don total. « Tenons-nous prêts et veillons ! »
