Homélie de la Fête de l’Épiphanie 4 janvier 2025
« Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui… » Mt 2/2
Mais qui sont-ils ces mages qui sont venus de l’Orient, guidés par l’Étoile ? Sans doute des gens qui
étaient en attente du salut et qui se sont laissés déranger par cette étoile qui les a précédés. Oui, des
hommes en attente du salut promis par Dieu. Des hommes pétris des promesses des prophètes qui
n’ont cessé d’annoncer la venue du Messie. Il était tant attendu ! Ces mages ont certainement veillé
dans la ferveur de leur cœur cette annonce époustouflante de la venue du Messie de Dieu sur cette
terre. Et ils n’ont pas hésité à se mettre en route et à venir apporter leur présents. Les bergers ont
reconnu en cet enfant le Fils de Dieu et ils l’ont chanté à leur manière, la manière dont tous les
pauvres de la terre peuvent le chanter. Les mages, eux, viennent avec des présents bien
disproportionnés pour cet enfant né dans une crèche, dans le dénuement, comme un pauvre sans
toit, un exilé sur le chemin : de l’or, de l’encens, de la myrrhe. Mais que pouvait bien en faire cet
enfant ? Ces présents étaient le lot de ceux qui possédaient, mais qui reconnaissaient dans cet enfant
de la crèche le Messie, l’Envoyé de Dieu, le Dieu fait homme. Si les bergers représentaient le monde
des pauvres, des petits, les mages représentaient ceux qui avaient des pouvoirs et des richesses. Ils
représentaient toutes les nations en attente du salut de Dieu.
Oui, les mages représentent toutes les nations que Dieu, en son Fils Jésus, veut appeler au salut.
L’Épiphanie de Dieu, la manifestation de Dieu élargit considérablement notre tente. Nous ne
sommes pas seuls. Toutes les nations sont appelées aujourd’hui à courir vers la crèche, à découvrir
l’enfant nouveau-né, l’enfant de la Promesse, celui qui nous apportera une parole d’amour. Et les
« Hérode » de tous les temps n’empêcheront pas les nations de se tourner vers leur Seigneur. La
Parole du Seigneur sera annoncée même dans la clandestinité. L’étoile qui a guidé les mages brillera
pour toutes les nations et les guidera vers le Fils de Dieu né en la nuit de Noël. L’Épiphanie de Dieu
est la fête de la Mission par excellence. Toutes les nations sont appelées au salut de Dieu et ces
mages venus de l’Orient représentent toutes ces nations. Bien sûr, aujourd’hui nous pensons à toutes
nos Églises Sœurs répandues à travers le monde. Le salut est pour tous les continents, pour tous les
peuples. Riches ou pauvres, nous sommes appelés à nous approcher de lui, à lui présenter nos dons,
à chanter nos louanges, à l’honorer par une vie droite et donnée. Si nous voulons aider les jeunes
Églises à vivre, il nous faut d’abord vivre le plus pleinement possible en église là où nous sommes.
Faire vivre l’Église ici est un soutien pour l’Église là-bas au loin. Cette communion nous oblige.
Vivre la mission universelle commence ici, dans ma famille, dans ma paroisse, dans ma petite
communauté de foi et va m’ouvrir peu à peu à la mission universelle.
La Promesse d’Isaïe, lue en première lecture nous rejoint en ce jour. L’appel à Jérusalem à se lever, à
resplendir nous rejoint : « Sur toi se lève la lumière, sur toi sa gloire apparaît » Comme nous
serions heureux qu’enfin sur Jérusalem et le Proche-Orient se lève cette lumière qui apporterait la
paix et l’espérance ! Combien nous serions heureux que le Prince de la Paix soit honoré par tous les
peuples ! Combien nous serions heureux qu’enfin on fasse taire les armes et les moyens de se battre.
Cette fête nous oblige à penser à tous ces peuples menacés. Seul l’amour peut apporter la paix, la
concorde. Le rêve d’Isaïe se réalisera t’il ? « Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers
la clarté de ton aurore » Puisse ce vœu se réaliser et toutes les nations entendre l’appel de la
lumière. Seule cette lumière peut mettre au cœur des hommes cette volonté de vivre en harmonie.
Puissions-nous en cette fête de l’Épiphanie regarder vers la Lumière du Christ. Cette lumière
illuminera notre vie. Cette Lumière que nous avons reçue au baptême nous fera percevoir Celui qui
est la Lumière pour toutes les nations. Elle nous fera découvrir les hommes et les femmes de ce
temps comme des témoins de la Lumière et non des ennemis. Découvrons chez chacun une étincelle
de cette Lumière qui éclaire tout homme venu en ce monde. Avec les mages, redisons : « Nous
avons vu son étoile à l’orient, et nous sommes venus adorer le Seigneur ». Avec eux, en cette fête,
c’est tous les peuples que nous offrons au Seigneur.
