Homélie du 2ème dimanche de l’Avent 7 décembre 25
« Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu… »Mt 3/1
Qui est-il ce Jean qui crie au désert ? Jean est l’annonciateur, le Précurseur. En rien il ne veut
prendre la place du Christ. Il annonce un baptême de conversion. Cette conversion est tellement
importante pour bien accueillir celui qui vient. Jean ne se dérobe pas. Le baptême qu’il donne est
un baptême de conversion afin que le cœur de l’homme soit capable de recevoir toute la nouveauté
du Messie tant attendu. Jean est celui qui va ouvrir des chemins pour le Christ qui vient. « Préparez
les chemins du Seigneur.rendez droits ses sentiers ». Tout ce qui est tordu dans le cœur de l’homme
est appelé à changer, à se redresser, à redevenir droit. Jean sait très bien que Jésus qui vient
apportera le salut dans l’Esprit Saint et le feu. Mais pour parvenir à Jésus, pour l’accueillir, l’homme
a besoin de conversion, a besoin de libérer son cœur et son esprit. Jésus vient chez nous. Jean nous
en montre le chemin, cette conversion indispensable pour accueillir sa personne et son message
d’amour et de paix.
Jean est au désert et sa voix résonne pour nous aussi. Ne soyons pas sourds à cet appel pressant à
ouvrir notre cœur et notre esprit à Celui qui ne cesse de venir à nous. Noël est tout proche et nous
savons que le salut va venir avec toute sa nouveauté, avec la fraîcheur d’un enfant qui naît. Nous
sommes invités à renouveler notre vie. Le baptême de conversion nous concerne tous. Nous avons à
plonger dans ces eaux baptismales pour découvrir ou re-découvrir cette fraîcheur de l’amour du
Seigneur. Ces quatre dimanches de l’Avent nous invitent à retourner à la base de notre salut : Dieu
va s’incarner pour nous sauver du dedans, du plus profond de notre être. Il faut nous laisser
imprégner de son amour sauveur. L’Église nous propose ses sacrements. Ils sont des signes de ce
retournement possible. L’eucharistie nous fait entrer dans le mystère même de son Amour. Le
sacrement de réconciliation nous remet devant cet amour fou et parfois notre lâcheté, nos abandons.
Il nous dit que nous sommes aimés par-delà notre péché et nos trahisons. Faisons bon usage de ces
signes de l’amour du Seigneur pour nous.
Et puis, prenons au sérieux l’appel de Paul : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ
vous a accueillis pour la gloire de Dieu. » Ce temps de proximité de Noël nous incite à ouvrir notre
cœur, notre espace intérieur à l’autre, différent, mais frère et sœur. Le Christ ne fait pas de différence
et il nous incite à faire de même. Tous frères et sœurs en lui, unis par cet amour merveilleux qu’il
montre à toute l’humanité. Ces temps de Noël sont des temps favorables pour accueillir et ne laisser
personne sur la touche, tout seul. C’est la rencontre d’un Dieu avec les hommes, tous les hommes
quels qu’ils soient. Les codes changent et l’on entend Isaïe nous dire : « le loup habitera avec
l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau… le nourrisson s’amusera sur le lit du cobra… »
Le monde sera transformé et les conflits pourront se résoudre autrement que par la force. « En ce
jour-là fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des temps », chantons nous avec le psalmiste.
Utopie, diront les sceptiques : la guerre est de toujours. Et pourtant c’est le Prince de la Paix qui
vient nous visiter. Je pense à Léon XIV dans sa visite en Turquie et au Liban. Il n’avait rien à donner
sinon cet espoir fou d’une paix à réinventer. Oui, la paix est possible, mais il y faut toute la volonté
de l’homme pour la créer et toute la sollicitude de Dieu pour qu’elle devienne réalité. Je pense à tous
ces bénévoles, à tous ceux qui seront au service des isolés en ces temps de Noël. Que de gestes de
réconciliation, que de gestes qui font chaud au cœur. Je pense à cette église de Lyon qui fait place
aux jeunes migrants pour qu’ils puissent passer la nuit à l’abri et au chaud.
« Baptisés dans l’Esprit Saint et le Feu », nous sommes invités à laisser le Seigneur nous
renouveler, nous réinventer, changer notre regard et notre vie. Les temps nouveaux sont arrivés et
nous allons les voir s’épanouir à Noël. La crèche n’est pas un lit douillet où nous allons nous extasier
devant ce petit bout d’homme. C’est le lieu du grand Amour, du grand pardon. C’est l’Avènement du
Prince de la Paix : « Tout être vivant verra le salut de Dieu ! »
Merveille que fait pour nous le Seigneur ! Alléluia !
