Homélie du 8 mars

  • Auteur/autrice de la publication :

C’était dans le Vercors, en camp de jeunes, sacs au dos. Nous étions prévenus : l’eau serait rare, on la trouverait au pied d’un arbre blanc. Aux jumelles, nous apercevons un arbre sec peint en blanc. Plusieurs se chargent de toutes les gourdes du groupe, et trouvent un petit filet d’eau le long d’un rocher. Ouf ! Croyez-moi,

on ne l’a plus gaspillée.

Conduit par Moïse, le peuple traverse le désert. Le manque d’eau met sa foi  à l’épreuve : Dieu veut-il nous faire mourir de soif ? Est-il encore au milieu de nous ? Aujourd’hui notre Terre gémit. Chez nous après 50 jours de pluie, toute une population souffre encore des inondations, les nappes phréatiques sont actuellement rechargées. Ailleurs c’est l’inverse. Le CCFD-TS nous parle du Maroc qui vit sa 7ème année de sécheresse et des efforts en agro-écologie au secours de la population rurale, que nous pouvons soutenir par notre don de Carême. Savons-nous rendre grâce pour l’eau, la garder, la partager ?

Car prendre soin de l’eau indispensable à la vie sur terre et dont on aura encore soif, nous prépare à passer à une eau vive qui étanche pour toujours la vie de l’âme : celle que le Christ a soif de nous donner, qui nous anime depuis notre Baptême, vers laquelle marchent les catéchumènes. St Paul l’appelle l’Esprit Saint, don par excellence de l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs, source d’espérance et de vie éternelle. Mais en avons-nous soif ? Qu’apprenons-nous de la rencontre de Jésus et la Samaritaine ?

Elle se fait de manière improbable. Jésus arrive, fatigué, il s’assit au bord du puits de Jacob (on le visite encore) au fond duquel coule une source. Il est midi, il a soif. Banal. Comme notre quotidien, fait de rencontres banales où Dieu passe. Arrive une femme pour puiser de l’eau. Jésus se fait mendiant : Donne-moi à boire. Sur la croix, il dira : J’ai soif. Jésus a soif de nous. De rencontres cœur à cœur, personnelles, gratuites, de répandre l’amour de Dieu en nos cœurs, l’Esprit Saint, dira St Paul, son intimité avec son Père, jusqu’à nous conduire au face à face bienheureux. Il a soif de la foi de cette femme.

Petit à petit, il dépasse les obstacles à sa foi : un Juif ne parle pas à une Samaritaine, serait-il plus grand que Jacob ? Puis il rejoint la vérité de la femme : Va chercher ton mari. Je n’ai pas de mari. Sa soif d’un amour vrai. Comme elle, Jésus vient nous chercher dans nos désirs apparents pour nous révéler nos désirs plus profonds, que nous n’avons peut-être pas encore nommés. Combien d’incroyants se tournent vers l’Eglise, parce qu’un jour ils ont senti quelque chose les titiller en eux, un désir, une insatisfaction, l’attente d’être rejoints, de se sentir aimés… La femme est touchée : Ne serait-il pas le Christ ? Sans puiser de l’eau, celle qui l’abreuve désormais la met en route : Venez voir ! A leur tour, les villageois vivent une rencontre unique avec Jésus, chez eux, alors ils croient.

A notre tour, nous révèlerons quelque chose de Jésus, si nous le rencontrons cœur à cœur dans la prière, sa parole, les sacrements. Savoir n’est pas croire. Ecoutons Jésus : Tu as du prix à mes yeux. Je suis l’amour. J’ai soif de toi. 3e Car A